
Parce que le retour aurait été plus douloureux sans eux… parce qu’à défaut de les avoir trouvé, j’ai ressenti 1000 fois ces mots écrits par d’autres… mes indispensables compagnons de route. Preux chevaliers de ma psyché. N’empêche, je dois bien avouer que ma bibliothéque 2010 manque un tantinet de légèreté. La semaine prochaine, promis, juré, je me mets à la BD !

Depuis mon retour, je me flatte de ce que le monde me semble à certains égards un peu plus grand, et non, comme à l’accoutumée, plus petit et plus creux. Et cela juste parce que j’ai étendu mon champ d’observation.
Pour un esprit aventureux, n’importe quel lieu – Londres, New York, Worcester ou sa propre cour – est une « Terre Inconnue », comme celle que Freemont et Kane sont allés chercher si loin. Mais pour un esprit indolent et abattu, même le Grand Bassin et l’Etoile Polaire sont des endroits banals. Pour peu qu’ils y aillent (et ils y sont à présent), ils voudront dormir et tout abandonner, comme ils le font toujours. Il existe les régions du Connu et de l’Inconnu. A quoi sert d’avancer sur l’ancienne route ? Il y a un serpent sur ce sentier que vos pieds ont foulé. Vous devez tracer des chemins dans l’Inconnu. C’est à cela que servent votre logis et vos vêtements. Pourquoi perdez-vous votre temps à les raccommoder, alors qu’en les portant tels quels, vous pourriez façonner votre chemin ?

- Eh bien moi, dit Birkin, je commence à croire qu’on ne peut vivre à moins de sortir complètement du rang. Cela ne vaut rien d’essayer de suivre la ligne pas à pas, quand votre instinct vous porte à tout faire sauter. Winnie est une nature spéciale, et à ces natures spéciales, il faut offrir un monde spécial.
- Oui, mais où se trouve votre monde spécial ?
- Fabriquez-le. Au lieu de vous transformer pour vous adapter au monde….

Elizabeth ne remerciait pas. Accoutumée à vivre de miracles, elle les acceptait sans surprises. Elle les attendait et ils se produisaient toujours.
Car c’était bien un chef-d’oeuvre que créait ces enfants, un chef d’œuvre qu’ils étaient, où l’intelligence ne tenait aucune place et qui tirait sa merveille d’être sans orgueil et sans but.
Les êtres singuliers et leurs actes asociaux sont le charme d’un monde pluriel qui les expulse. On s’angoisse de la vitesse acquise par le cyclone où respirent ces âmes tragiques et légères. Cela débute par des enfantillages : on n’y voit d’abord que des jeux.
Cette nature toute de feu et de glace ne pouvait admettre le tiède. Comme dans l’épitre à l’ange de Laodicée : Elle le vomissait par sa bouche. Bête de race elle était, bête de race elle voulait Paul, et cette petite fille qui roule en express pour la première fois, au lieu d’écouter le tam-tam des machines, dévore le visage de son frère, sous les cris de folle, la chevelure de folle, l’émouvante chevelure de cris flottant par instant sur le sommeil des voyageurs.

C’est ce genre d’idée qui pourrait facilement déconditionner les esprits les moins solidement arrêtés parmi les castes supérieures, qui pourrait leur faire perdre la foi dans le bonheur comme Souverain Bien, et leur faire croire à la place, que le but est quelque part au-delà, quelque part au-dehors de la sphère humaine présente : que le but de la vie n’est pas le maintien du bien-être, mais quelque renforcement , quelque raffinement de la conscience...

Pouvait-on fuir la douleur ? Ou alors était-elle en nous accrochée comme un organe ? Un estomac triste qu’on ne peut échanger. Certains travaillent dur pour oublier, d’autres boivent ou font du sport. J’étais bien trop feignant pour cela. Moi, je n’avais aucune barrière, je ne m’étais pas préparé à l’amertume et au chagrin. On se sort souvent d’un présent difficile en pensant à l’avenir. En se disant :
- Plus tard, je serai heureux… tout ira mieux… ça ne peut que s’arranger…
Personne ne se projette dépressif, alcoolique ou gravement malade. Rares sont ceux qui affirment :
- Dans dix ans je serai une belle loque… je serai accro à l’héroïne… je n’aurai aucune sagesse et mon agressivité aura triplé…

Il y en a qui croient qu’une verrue peut disparaître, avec le temps. D’autres se refusent à considérer le problème des verrues. D’autres encore qui nient tout simplement leur existence. Certains affirment qu’une verrue est belle et les encouragent, là où elles se produisent. Ils prétendront qu’elles sont utiles, susceptibles d’éducation, et qu’on peut même leur apprendre à parler. Il existe apparemment des experts. Des théories se sont formées à propos des techniques. Les méthodes furent d’abord primitives. Une école se forma, selon laquelle il fallait les traiter par la force. La branche radicale soutient que les verrues ne sont capables d’apprendre que les langues du groupe sinotique. Une faction particulièrement insensée affirme qu’il est tout à fait inutile d’enseigner une langue humaine aux verrues puisque les verrues parlent toutes une langue unique que l’instructeur lui-même dit d’abord s’efforcer de percer. Un petit nombre affirme ainsi que la verrue parle déjà, qu’elle l’a toujours fait et qu’il faut seulement apprendre à les écouter.

Dominic s’immolait sur l’autel de Katy Dann, et maintenant Jamie vouait sa vie aux enfants infirmes. Quelle différence avec leur père qui écrivait des scénarios minables pour mille cinq cent dollars par semaine (quand il travaillait !). Pas étonnant que je comprenne mes chiens et pas mes enfants. Pas étonnant que je sois désormais incapable d’achever un roman. Pour écrire, il faut aimer, et pour aimer, il faut comprendre. Je n’écrirais plus tant que je n’aurais pas compris Jamie, Dominic, Denny et Tina ; quand je les comprendrais et les aimerais, j’aimerais l’humanité toute entière, mon pessimisme s’adoucirait devant la beauté environnante, et ça coulerait librement comme de l’électricité à travers mes doigts et sur la page.

Merde enfin, le jour où il a appris qu’il avait ce fameux virus, il s’est baissé pour ramasser une lettre tombée de sa boîte et s’est retourné pour me dire « Tu vois maintenant un truc tout con, comme de recevoir une lettre, eh bien ça ne veut plus dire la même chose ».

J’admire d’ailleurs la terreur que les Noirs sont capables d’instiller dans le cœur de certains membres du prolétariat blanc (voici un aveu assez personnel) et je voudrais de toute mon âme disposer d’une capacité semblable. Le Noir terrifie simplement en étant soi-même, alors que je suis contraint de recourir à un certain nombre de manœuvres d’intimidation pour atteindre le même résultat. Peut-être aurait-il fallu que je fusse Noir. M’est avis que j’aurais fait un Noir de dimension considérables et tout à fait terrifiant, pressant continuellement mes vastes cuisses contre les maigres cuisses ridées de vieilles Blanches dans les transports publics afin de leur tirer plus d’un glapissement de panique. Sans compter d’ailleurs que nègre, je cesserais d’être en butte aux tracasseries de ma mère qui me somme de trouver un bon emploi – puisqu’il n’existerait pas de bons emplois. Ma mère, elle-même, vieille négresse usée, serait brisée par des années et des années de labeur ancillaire sous-payé et n’aurait pas la force d’aller au bouligne le soir. Nous pourrions mener elle et moi une existence des plus plaisantes dans quelque cabane moisie d’un quelconque bidonville, dans un état de contentement paisible, dépourvu de toute ambition, conscients d’être des rebus sociaux et dégagés, par le fait même, de toute nécessité de nous agiter en d’inutiles efforts (hihihihihihiiiiiiiiiiiii).

It was while he was attending Virginia Road Elementary that his father beat him for the first time, because he had been sent home with a note for fighting. Many punishments followed. “My ass and the back of my legs were continual mass of welts and bruises” Bukowski wrote. “I had to sleep on my belly at night because of the pain”. It was one of the reason Bukowski came to talk so slowly – he learned to think before speaking in case he upset his father. “The last beating I got I didn’t scream at all. I didn’t make a sound and I guess that terrorized him because that was the last one”.
“His acne was very noticeable”, says former pupil Roger Bloomer. “He had a bad case and that was very tough for a kid. That was why he was so quiet and a loner. He would be around and say hello, but he never really joined in the circle”. Bukowski was also set apart from other children by dyslexia.
When he ran short of money, he tried to live on candy bars to postpone getting another “eight-hour job of nothingness”.
After a routine psychiatric test he was excused military service for mental reasons and classified 4-F or as he put it “psycho”. Bukowski later recalled that the psychiatrist had written on his draft card that he was unsuitable for service partly because of his “extreme sensitivity”.
He had a newspaper clipping about Alcoholics Anonymous stuck to the wall and would occasionally talk about whether he fitted the profile of an alcoholic. On balance he decided he didn’t because he could stop drinking if he wanted, if only for a day or so, and because he carried on writing however much he drank. This remained his opinion throughout his life.
Sean Penn also brought Madonna over to San Pedro. She was at the height of her fame and her visit amazed neighbors who had thought of Bukowski as little more than the neighborhood drunk.

A veces no hay advertencias. Las cosas occurren en segundos. Todo cambia. Estas vivo. Estas muerto. Y todo sigue adelante. Somos delgados como el papel. Existimos a base de suerte, entre porcentajes, temporalmente. Y eso es lo mejor y lo peor, el factor temporal. Y no se puede hacer nada al respecto. Puedes sentarte en la cima de una montana y meditar durante décadas, pero eso no va a cambiar. Puedes cambiar tu mismo y aprender a aceptar las cosas, pero quizá eso también sea un error. Quiza pensemos demasiado. Hay que sentir mas, pensar menos.
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